Les bases de l'amÉnagement forestier

L’aménagement forestier peut se définir comme étant l’art de déterminer les traitements sylvicoles à adopter afin de traiter la forêt au bon moment en vue d’atteindre une variété d’objectifs prédéfinis.  Ces objectifs sont très variables et incluent, entre autres, la production de bois à rendement soutenu, le maintien des habitats fauniques, la protection des cours d’eau et de l’habitat du poisson, la protection des sols et le maintien des autres produits et valeurs non ligneuses. 

Le Québec s’est engagé à réaliser de l’aménagement forestier durable sur les terres publiques.  L’aménagement forestier durable consiste à satisfaire les besoins en produits forestiers et en bénéfices qui découlent de l’utilisation des ressources forestières dans le respect des valeurs que notre société accorde aux forêts ainsi qu’à la préservation de leur santé et de leur diversité (Service canadien des Forêts).  Il tente ainsi d’atteindre un équilibre entre les objectifs économiques, environnementaux et sociaux de l’aménagement forestier pour répondre aux besoins des générations actuelles et futures.

L’aménagement forestier durable doit répondre aux six (6) critères suivants :

  • la conservation de la diversité biologique;
  • le maintien et l’amélioration de l’état et de la productivité des écosystèmes forestiers;
  • la conservation des sols et de l’eau;
  • le maintien de l’apport des écosystèmes aux grands cycles écologiques;
  • le maintien des avantages socioéconomiques multiples que les forêts procurent à la société;
  • la prise en compte, dans les choix de développement, des valeurs et des besoins exprimés par les populations concernées.

L’aménagement forestier est un processus à long terme : le planificateur doit considérer le territoire dans son ensemble et doit prendre des décisions afin que le rendement de la forêt soit soutenu.  L’horizon de planification utilisé est généralement de 150 ans.  

L’inventaire forestier, le martelage et le suivi

Avant d’entreprendre des travaux d’aménagement forestier, plusieurs étapes doivent être réalisées.  Dans un premier temps, des travailleurs forestiers vont faire de la prospection sur un terrain donné afin d’évaluer visuellement le potentiel pour la coupe, notamment au niveau des essences recherchées, de l’âge et de la qualité du peuplement.  Pour les secteurs répondant aux critères recherchés, un projet d’inventaire sera entrepris.  L’inventaire est réalisé à l’aide de placettes-échantillons, ou parcelles, distribuées systématiquement sur le territoire.  Lors de la réalisation de l’inventaire, plusieurs données sont récoltées : essence, diamètre, vigueur, qualité, état de la régénération.  Ces données servent à dresser un portrait de la forêt et à identifier le traitement sylvicole le plus approprié pour le peuplement.  Lorsque le traitement a été déterminé, on procède habituellement, dans le cas de la forêt feuillue, à un marquage des tiges à couper : il s’agit du martelage.  On choisit tout d’abord de couper les tiges malades ou difformes qui peuvent tout de même être utilisées dans les usines.  Par la suite, on sélectionne les arbres qui nuisent à la croissance des tiges d’avenir et finalement, on récolte les vieux arbres sains dont la croissance est diminuée.  Suite au martelage, un inventaire est de nouveau effectué afin de vérifier que le marquage respecte les critères établis.  La coupe peut maintenant être effectuée, en respectant le martelage des arbres.  Suite à la coupe, un dernier inventaire est réalisé afin d’évaluer la qualité de la coupe, tant par rapport au respect du martelage que par rapport aux blessures infligées aux arbres restants.